Planète Rhône

Le journal des vins de la Vallée du Rhône

Vendanges, retour vers le futur

Période spéciale, les vendanges nécessitent d’attendre le moment clef. Celui où le raisin sera suffisamment mûr pour donner tout le plaisir qu’on attend de lui


Depuis l’antiquité à nos jours, le résultat escompté est le même. Un vin équilibré : associant tanins, alcool et acidité, équilibrés eux aussi. Pour y parvenir, le degrés de maturité des raisins -le point de départ des vendanges- est essentiel. Mais les techniques ont évolué. L’expérience de l’homme est toujours indispensable, mais à l’époque des Romains, on n’imaginait certainement pas que dans le futur, les viticulteurs se serviraient de satellites et d’images que l’on croit réservées à la NASA pour parfaire leur travail et mieux connaître leurs vignes. 

 

Du foulage au pied aux satellites

Vdg_pressage©Paul Veyssere–musée-gallo-romaindeSaint-Romain-en-Gal–Vienne2.jpg

Pour déterminer le moment clé, à l’époque des Romains, on comptait 100 jours après la floraison. Et on goûtait aussi au fruit. Aujourd’hui on utilise toujours ces repères. Et des outils technologiques. Et pas seulement les appareils qui mesurent le sucre dans le raisin.

Les viticulteurs ne marchent pas encore sur la lune, et ne cultivent pas encore de vignes sur mars, mais certains utilisent des techniques futuristes, qui leur permettront notamment de vendanger plus sereinement, et avec une qualité optimale. Pendant longtemps, il était impossible pour un domaine très vaste de connaître l’avancée du murissement des baies de façon instantanée. Ni de savoir les différences d’évolution du raisin selon l’emplacement. En effet, le sol peut varier, et influencer la maturité du raisin sur une même parcelle. « Avec le satellite, on obtient une vision d’ensemble au même moment » confie Michel Vignon, le directeur de la cave Gallician, dans le Gard.


Concept futuriste

imagesatellitevigne.jpg

Imaginée par l’ICV, l’Institut coopératif du vin, le concept de photographier les vignes, pour mieux les connaître, moins les traiter, optimiser les étapes de culture, aurait pu sembler futuriste et décalé. Surtout pour une culture qui remonte à l’antiquité !  Mais c’est le résultat dans le verre qui compte. La vigne a d’abord été photographiée par les voies aériennes, il y a 10 ans environ. Puis du côté de l’ICV on a fait appel au laboratoire Astrium, et son imagerie satellite. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour les viticulteurs! Au lieu de 50 photos prises par un avion, à des moments différents, le satellite photographie un vignoble complet, sur une surface allant jusqu’à 54km carré.  

 

Données radiométriques et infrarouges

« A Châteauneuf du Pape on a acquis une image de 20km sur 20km » explique Jacques Rousseau, responsable Service viticoles de l’ICV. Il souligne toutefois que le travail de l’homme reste indispensable. Mais l’imagerie par satellite est utilisée depuis 2006. « Avec le traitement des données radiométriques, et les infrarouges on obtient quatre valeurs »

Ces valeurs vont informer sur les zones où la vigne est vigoureuse, ou encore permettre de savoir où aller faire des contrôles en priorité. Concrètement, cela peut mener à des sélections par parcelle, des cuvées spécifiques, ou encore une précision pour vendanger une parcelle avant une autre. Améliorer le travail, et donc le vin… Côté coût, c’est dégressif : de 65€ environ l’hectare de 40 à 120 ha, et pour des domaines ou caves coopératives de plus de 300 ce sera 30€  l’hectare.