Planète Rhône

Le journal des vins de la Vallée du Rhône

Un Danois sur le Rhône...

Entretien avec Niels Lillelund, auteur passionné des vins du Rhône


Niels Lillelund aime le vin et l’écriture, depuis longtemps. Critique gastronomie et spécialiste du vin pour un des plus grands quotidiens danois, le Jyllands-Posten, il a publié de nombreux livres: différents romans policiers, un livre sur le poker et un premier livre sur les vins de la vallée du Rhône, Rhône-vinene (Vins du Rhône), en 2004. Quelques années de travail et de dégustations plus tard, il vient de publier son deuxième livre sur les vins rhodaniens, Vinene fra Rhône (Les vins du Rhône) cette année. Un livre « plus sophistiqué, plus opiniâtre, plus complet et plus détendu...» selon John Livingstone-Learmonth, un ami et collègue anglais, fin connaisseur du Rhône.

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Pourquoi avoir choisi les vins du Rhône? Pour plusieurs raisons: « l’âge de certaines vignes, de véritables trésors viticoles, pour l’histoire et la culture, que l’on retrouve partout, pour l’incroyable diversité des vins: du nord qui tend la main vers la Bourgogne, jusqu’au sud, solidement ancré dans la Méditerranée.» Une diversité qui, selon Niels Lillelund, se retrouve également parmi les Côtes du Rhône et les Côtes du Rhône Villages, accessibles à un large public.

«En plus il y a quelque chose d’unique dans les vins du Rhône comparé aux autres «Rhône blends» du monde, élaboré avec les mêmes cépages. On arriverait à faire un Viognier sur-puissant à Condrieu, mais on ne fera jamais du Condrieu en Californie.»

Pour Niels Lillelund la singularité des vins du Rhône se trouve en partie dans leur acidité et leur fraîcheur. Pour lui c’est un trait de caractère qui différencie les vins Européens des vins du nouveau monde.

«J’en parle beaucoup dans mon nouveau livre, surtout par rapport aux vins blancs. On a souvent une sensation de fraîcheur dans les vins blancs du Rhône, même si celle-ci n’est pas mesurable au laboratoire.»

Niels Lillelund se dit lui-même plutôt conservateur, défenseur du terroir et du système d’appellations d’origine auxquels il croit plus qu’aux vins qui construisent leur seule identité sur l’encépagement et la vinification. Même s’il avoue que ce n’est pas un crime d’aider certains consommateurs en indiquant les différents cépages d’un vin sur l’étiquette. Mais l’avenir du vignoble se trouve pour lui clairement dans les terroirs et non dans les cépages.

«L’adaptation aux changements climatiques mettra probablement certains cépages secondaires plus en avant, mais les vins n’en changeront pas pour autant. Regardez la Bourgogne - tant de diversité et qu’un seul cépage. Et le Rhône a le même potentiel au niveau de ces terroirs. Il faudra aller plus loin, les explorer de façon encore plus approfondie. Il faut faire la différence avec les vins de masse.»

Le marché Danois pourra suivre cette évolution selon Niels Lillelund, qui affirme que ses compatriotes ont soif d’informations et d’apprentissage. Un marché qu’il faut accompagner par l’éducation, l’information et la communication. «Il faut que vous parliez aux gens de la diversité et de la subtilité de vos vins.»