Planète Rhône

Le journal des vins de la Vallée du Rhône

RHONE TRIP #1 : Les hommes préfèrent les blondes …

2 blogueurs, une 2 CV, 3 jours le long de la mythique Nationale 7...


Les valises sont bouclées, les appareils photo prêts, les petits-dej avalés, la Nationale 7 nous appelle… Seul hic : prendre en main la sublime 2 CV rouge et blanche. Nous comprenons vite que la conduite de cet engin va nous obliger à an-ti-ci-per. L’autre petit souci trouver la Nationale 7, aussi mythique qu’elle soit, les panneaux indicateurs ne pointent que vers la sacro-sainte autoroute. Les GPS, eux, cherchent invariablement la route la plus efficace.

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 Intermède culturel

Je tiens à mettre immédiatement les points sur les i concernant l’objet de notre voyage. Il s’agira bien entendu de vins, mais aussi de gastronomie, d’art de vivre, de mécanique, d’histoire et… de culture.

Pour vous le prouver, une référence culturelle de haut niveau, là comme ça à froid dès le départ (si on excepte le titre racoleur) : Cars — Le film.

Dans l’extrait que je vous propose, nous retrouvons l’histoire de la Route 66, rendue obsolète par l’arrivée de l’Interstate 40, dont le parallèle flagrant avec le remplacement de la Nationale 7 par l’autoroute A7 n’échappera pas au lecteur attentif… (sortez les mouchoirs).

Fin de l’intermède culturel

C’est à une vitesse d’escargot (ça ne roule pas vite, une deuche) que nous nous ruons en direction du vignoble de Côte-Rôtie, première étape du périple. Nous entrons dans le monde de la syrah, cépage ô combien sympathique (lire : un de mes cépages préférés), le seul cépage rouge autorisé dans les appellations de la partie septentrionale du vignoble rhodanien. Sauf qu’à Côte-Rôtie on ne fait rien comme ailleurs, justement. Donc les vignerons ont le droit de mettre jusqu’à 20% de viognier (oui, c’est un cépage blanc) dans leur syrah. 

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L’autre particularité de Côte-Rôtie, c’est la pente. Genre, c’est raide, très raide. Dans le plus pur style mécanisation impossible, torticolis et petites terrasses tenues par des murets en pierre pour que la terre veuille bien rester là où ça nous arrange qu’elle reste.

L’autre autre particularité, c’est la légende du Seigneur de Maugiron, qui aurait selon la version romantique de l’histoire partagé le vignoble entre ses deux filles : La Côte Brune, au nord, et la Côte Blonde, au sud (je ne vous fais pas un dessin pour le choix des noms). La version pragmatique, c’est que l’aire d’appellation est justement coupée en deux géologiquement, avec des micaschistes riches en fer (donc sombres) au nord, et des granits et schistes pâles au sud (là encore, je ne vous fais pas un dessin).

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 Cela m’autorise le superbe titre de ce billet, que je suis désormais en mesure de vous révéler au complet :
"Les hommes préfèrent les blondes… mais les brunes comptent pas pour des prunes."
(Ça, c’est fait…)

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Je voue, depuis une mémorable bouteille de Côte-Brune 1999 des frères Jamet, un culte sans limite aux vins de la Côte-Rôtie. Ce qui m’avait d’ailleurs poussé à m’exclamer à l’époque : “faire des vins aussi délicieux, cela devrait être interdit !” (indice : c’est une boutade)

Parenthèse lyrique

Ce mélange de violette, de bacon et de café… ; ce soupçon de rose sur un caractère plus animal… ; ces tannins d’une finesse incroyable… ; cette finale interminable… ; et surtout ce paradoxe constant de la rencontre entre rusticité et élégance… ce souvenir me hante toujours.

Fin de la parenthèse lyrique


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Tout ça pour dire, j’étais très content ce jour-là d’aller faire la connaissance de Tristan Daubrée au domaine Corps de Loup 

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 Tristan a repris en 2008 le domaine familial de 3 hectares (quasiment tout en Côte-Rôtie). Toutes les Côte-Rôtie sont élevées 2 ans sous bois, et l’éraflage est partiel. Pour que j’arrête de vous donner des informations aussi techniques qu’ennuyeuses, tapez 1. Sinon, tapez quand même 1.

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 La cuvée Corps de Loup (côte blonde) m’est apparue comme très représentative de l’appellation, avec selon les millésimes un nez plus floral (violette en 2010) ou porté sur les épices et le poivre blanc (en 2011). De belles acidités et de belles longueurs pour des vins buvables immédiatement (même si je ne me fais aucun doute sur leur capacité à vieillir harmonieusement).

La cuvée Paradis 2011 (côte brune) est plus sauvage, plus animale avec une structure tannique massive, complétée comme pour la cuvée Corps de Loup par une belle acidité et une finale appréciable. La patience est clairement de mise.

Et finalement la cuvée Marions-les 2011 (dans laquelle apparaît le viognier à hauteur du maximum autorisé de 20%), très surprenante. Il ressort étonnamment au nez, et ses arômes dominent en bouche, mais bien évidemment sur une charpente générale de vin rouge. Le résultat est assez déroutant, pour une cuvée qui devra trouver son public.

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Pour terminer cette matinée en beauté, nous gravissons la pente (la 2 CV reste en bas !) pour aller déjeuner au restaurant l’Auberge de la Source, juste au-dessus du domaine. La vue est sublime. Nous avons choisi une Côte-Rôtie Corps de Loup du millésime 2007. Elle est, en un mot, magnifique). Les arômes dus au vieillissement commencent à apparaître alors que le vin conserve la tonicité de sa jeunesse (certes relative). Le résultat est plus que convaincant : David et moi sommes littéralement sous le charme !

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Je resterais bien là à regarder le soleil couchant, mais il est malheureusement plutôt à son zénith : il n’est en effet que 15 heures et il est temps de reprendre la route pour une nouvelle aventure !

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Rendez-vous dans une semaine pour la suite du Rhône Trip !

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